Alors que la Formule 1 cherche à consolider sa présence sur le marché américain, le président du Circuit des Amériques (COTA), Bobby Epstein, estime que le championnat n’a plus autant à craindre qu’auparavant la concurrence du football américain. Selon lui, l’évolution des habitudes des supporters et l’essor des usages numériques ont réduit l’impact des calendriers de la NFL et du football universitaire.
La question de la concurrence avec les grands événements sportifs américains revient régulièrement lorsque la Formule 1 réfléchit à son calendrier outre-Atlantique. Alors que le championnat explore différentes options en cas d’impossibilité de maintenir les manches finales au Qatar et à Abu Dhabi en raison de la situation géopolitique au Moyen-Orient, l’idée d’ajouter une course aux États-Unis n’a pas été retenue.
Stefano Domenicali, le président-directeur général de la F1, avait notamment expliqué que la volonté d’éviter un affrontement direct avec la NFL figurait parmi les raisons pour lesquelles un Grand Prix américain supplémentaire n’était pas envisagé.
Mais pour Bobby Epstein, promoteur du Grand Prix des États-Unis disputé à Austin, cette crainte est aujourd’hui moins importante qu’elle ne pouvait l’être par le passé.
Le dirigeant du COTA reconnaît que la concurrence avec le football américain représentait auparavant une véritable problématique, notamment en matière d’affluence et d’audience télévisée.
“C’était une inquiétude au début. Mais je ne sais pas si son inquiétude concerne davantage la fréquentation sur place ou la concurrence télévisuelle que les spectateurs américains peuvent avoir un dimanche après-midi de novembre à 15 heures face à la NFL. Il connaît mieux ce public que moi.”
Pour Epstein, les habitudes des fans présents sur le circuit ont toutefois évolué. Les supporters ne sont plus obligés de choisir entre assister à une course de F1 et suivre les résultats du football américain.
“Nous savons que les fans qui viennent, qu’ils soient davantage amateurs de NFL ou même de football universitaire, peuvent désormais suivre les matchs différemment.”
Le promoteur rappelle qu’il y a encore quelques années, le COTA devait mettre en place des solutions spécifiques pour permettre aux spectateurs de suivre également les rencontres de football.
“Avant, nous devions installer beaucoup de télévisions et nous assurer que chaque bar en disposait pour que les gens puissent suivre les matchs de NFL tout en venant ici.”
“Aujourd’hui, grâce aux téléphones portables, il existe d’autres moyens de suivre les matchs de NFL. Je pense que nous avons dépassé cet obstacle, même si les gens ont toujours des moyens d’accéder aux rencontres.”
“Peut-être que bientôt, quelqu’un demandera si la NFL s’inquiète d’être en concurrence avec le Grand Prix des États-Unis le dimanche.”
Pas de discussion pour accueillir une course supplémentaire
Malgré cette ouverture, Epstein a confirmé qu’aucune discussion n’avait eu lieu avec la Formule 1 concernant l’organisation d’une éventuelle course de remplacement à Austin cette saison.
Le contexte aurait pourtant pu sembler favorable, avec le Grand Prix de Las Vegas programmé juste avant les deux manches du Golfe prévues au Qatar et à Abu Dhabi. Mais le responsable du COTA estime qu’organiser deux événements de Formule 1 en quelques semaines sur le même circuit pourrait nuire à l’image du Grand Prix des États-Unis.
“Je ne voudrais pas voir notre circuit accueillir une course de Formule 1 sans avoir les immenses foules dans la ville. Je pense que c’est ce qui rend cet événement si spécial.”
“Je ne pense pas que vous puissiez mettre cela en place logistiquement avec un délai aussi court avant ou après notre Grand Prix des États-Unis.”
“Ensuite, je ne voudrais pas que les gens aient à choisir entre les deux week-ends. Je suis très satisfait de notre immense événement tel qu’il est aujourd’hui. C’est ainsi qu’il doit toujours rester. Je ne veux pas qu’il devienne quelque chose de moins important.”
Malgré ses réserves, Epstein assure que le COTA resterait disponible si la Formule 1 avait réellement besoin d’une solution exceptionnelle un jour.
“Je dirais que si cela pouvait aider la Formule 1, nous serions là pour le faire. Nous voulons faire tout ce que nous pouvons pour contribuer à leur réussite et comprendre que parfois, comme nous l’avons vu pendant le COVID, les circonstances imposent de faire les choses différemment de ce qui serait normalement idéal.”




































